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La concentration de la filière musicale au niveau mondial nécessite la mise en place d’importantes mesures de régulation

Le monde de la musique ne saurait s’envisager comme un programme spatial ou nucléaire.

Le projet de rachat d’EMI Recording par Universal Music aboutirait à une position dominante inégalée jusqu’à présent dans le secteur de la musique enregistrée.

La part de marché d’Universal Music, qui résulterait d’un tel rachat, dépasserait largement les 40 % en France, pays dans lequel la major occupe une position hégémonique dans tous les domaines d’activité*.

La capacité renforcée dont disposerait Universal Music pour conditionner l’accès à son catalogue à toute une série d’avantages, à la fois en termes de prix, d’avances, de minimums garantis, de parts de marché réservés et d’exposition minimale dans la distribution et les médias, provoquerait ainsi un risque sérieux d’éviction ou de marginalisation des autres opérateurs, en particulier les labels indépendants.

Les autres domaines dans lequel s’exerce la concurrence, comme l’édition musicale, la signature d’artistes ou encore le spectacle vivant, en seraient aussi profondément affectés. Ainsi, le projet de rachat d’EMI Music Publishing par Sony ATV aboutirait à une forte concentration au niveau des catalogues éditoriaux au profit d’Universal Music Publishing et de Sony ATV.

 

Ces projets de concentration accrue du marché global de la musique au niveau mondial ne rendent que plus indispensable la mise en place de mesures de régulation permettant d’assurer la diversité des productions d’artistes et le pluralisme des acteurs qui les développent. Le monde de la musique ne peut s’envisager comme un programme spatial ou nucléaire. La concentration nuit à la diversité des répertoires et des artistes. Les fusions d’EMI / VIRGIN et de SONY / BMG en ont été des exemples dramatiques ces dix dernières années.

 

L’UPFI appelle donc la Commission Européenne à instruire ces deux projets de concentration en prenant en compte les problèmes de diversité culturelle qu’ils soulèvent et non uniquement leurs enjeux industriels.

 

L’UPFI souhaite que la Commission Européenne et les Etats Européens, notamment la France, renforcent de façon significative les outils de régulation d’une filière déjà trop concentrée : accès à la distribution physique et numérique, exposition dans les médias, conditions d’octroi des aides d’Etat .    

 

L’UPFI appelle le Gouvernement et les parlementaires français à mettre en place dans les plus brefs délais le Centre National de la Musique, projet voulu par le Président de la République, en y intégrant les conséquences d’une concentration renforcée du marché de la musique.

 

 

*- Distribution physique : Universal Music, qui dispose déjà du catalogue phonographique le plus important au monde, verrait sa part de marché dépasser largement les 40 % (bien davantage sur le segment important du fonds de catalogue francophone comme international)

– Distribution numérique  (où l’on a pu constater que les majors négociaient des avances ou des minimas garantis exprimés en parts de marché aux nouveaux opérateurs) : Universal Music serait en position ultra dominante avec une part de marché oscillant entre 45 et 55 %, au lieu de 35 à 45 %, selon les sources

– Médias radiophoniques : le poids des catalogues diffusés en radios constitué par le nouvel ensemble représenterait plus de 55 % des nouveautés les plus diffusées (source Yacast, 100 titres les plus diffusés sur la période janvier-octobre 2011). La part des investissements en radios et télévisions d’Universal Music passerait de 41,3 % à 50,7 % (source Yacast, pige des investissements publicitaires 2010).

 

Contact :

Jérôme Roger – Directeur Général : 01 53 77 66 40

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  1. 20111114 _ CP Rachat EMI par Universal - (127 KB / msword )