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Présidentielles 2012

Qui a dit que les Présidentielles de 2012 ne donneraient lieu à aucun débat sur la politique culturelle de la France ? En quelques semaines, les principaux candidats et partis politiques ont commencé à se positionner sur les enjeux essentiels.

S’il est un secteur qui est au cœur des mutations technologiques et économiques engendrées par la révolution du numérique et du haut-débit, c’est bien celui de la musique enregistrée. Après dix années de crise et d’adaptation difficiles, la filière musicale a su poser les bases d’un nouveau modèle économique fondé sur le développement de l’offre de musique en ligne. Après avoir été un laboratoire d’essai, la diffusion et la distribution de musique numérique constituent désormais un modèle de référence pour l’ensemble des industries culturelles et d’information.

Encore faut-il que la filière musicale ait les moyens de construire son avenir en disposant du cadre juridique, financier et économique qui lui permette de réussir pleinement sa mutation. C’est une tradition, en France, de tout attendre de l’Etat. Nous ne nous plaçons pas dans cette posture mais il est incontestable que nous avons besoin d’un accompagnement fort de la part des pouvoirs publics pour gagner la bataille de la diversité culturelle à l’ère du numérique.

Les propositions de l’UPFI pour construire l’avenir de la production musicale en France, au cours des cinq prochaines années, ont pour objectif d’atteindre les résultats suivants :

  •  Protéger efficacement les droits de propriété intellectuelle sur internet en préservant le régime de la « réponse graduée » tout en luttant davantage contre la piraterie commerciale.
  •   Accélérer la croissance de l’offre de musique en ligne et préserver l’offre dans les magasins traditionnels par des mesures de soutien.
  •   Soutenir de façon ambitieuse et pérenne le financement de la production musicale en France en créant, dès 2012, un Centre National de la Musique.
  •   Assurer plus de diversité dans les médias traditionnels que sont les radios et les télévisions.
  • Mettre un terme à la discrimination fiscale que subit la musique enregistrée en harmonisant les taux de TVA applicables aux biens culturels.

L’accès le plus large aux biens culturels constitue un enjeu de société. Pour autant, il ne saurait s’effectuer au prix de solutions inaptes à rémunérer correctement les créateurs et producteurs et de nature à stériliser le développement des nouveaux modèles d’exploitation de musique. C’est pourquoi, l’UPFI rejette tout mécanisme s’apparentant à une « licence globale » et constate que l’instauration d’une gestion collective obligatoire sur internet, prônée par certains, n’a aucun sens à l’heure où tous les catalogues sont disponibles sur la plupart des plateformes.

L’UPFI attend des candidats à l’élection présidentielle des propositions ambitieuses qui accompagnent notamment le développement de l’économie numérique, l’un des plus importants gisements de croissance des 20 prochaines années : une croissance « verte », économique, sociale et culturelle. Nous espérons également que les solutions avancées s’exprimeront dans la clarté et la précision dans les choix qui seront opérés.