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Musique : Etat d’urgence

 Face à la crise, l’UPFI en appelle à la mise en œuvre rapide des engagements pris par les pouvoirs publics.

La progression des ventes numériques en 2010 (entre 30 et 40 % pour le téléchargement légal) n’a pas permis de compenser les effets de la chute des ventes physiques. Pour la 8ème année consécutive, les revenus des producteurs de phonogrammes enregistrent une baisse significative (la tendance estimée étant de l’ordre de – 6/8%).

Face à cette situation difficile, les nouvelles mesures mises en place fin 2010 n’auront pas permis d’opérer un retournement de tendance et, faute d’arbitrage favorable pour les mesures financières, conduisent à un manque de vision d’ensemble :

–       Le démarrage de la « réponse graduée » en septembre dernier, l’envoi des premiers messages d’avertissement début janvier, et la volonté affichée par l’Hadopi de remplir sa mission sans aucune restriction constituent des éléments encourageants. Mais, il faudra attendre fin 2011 pour atteindre un premier régime de croisière. C’est pourquoi, aucun bilan d’étape ne pourra être établi avant cette échéance pour mesurer les premiers résultats de ce dispositif et son effet positif sur la consommation légale de musique.

–       Le lancement de la « Carte Musique » n’a pas rencontré, à ce jour, de succès véritable auprès des 12-25 ans. L’UPFI est néanmoins confiante dans la capacité de ce mécanisme incitatif à toucher sa cible sous réserve d’une amélioration notable du « parcours client » suivi d’une vaste campagne de communication.

–       Les principales mesures financières demandées par l’UPFI n’ont pas fait l’objet d’un arbitrage favorable (aménagement du crédit d’impôt, mise en œuvre d’une taxe fiscale à la charge des opérateurs haut débit).

La signature, hier, de la charte d’engagement qui résulte de la médiation confiée à Emmanuel Hoog, constitue, dans ce contexte, un signal fort et encourageant :

–       Les engagements volontaires souscrits par les producteurs de phonogrammes vis-à-vis des plates-formes sont de nature à renforcer la viabilité économique des offres de musique en ligne, en particulière pour le stream par voie d’abonnement.

–       Les engagements pris par les pouvoirs publics d’œuvrer pour une baisse de la TVA, au niveau européen, d’aménager et de renforcer le crédit d’impôt à la production phonographique, de réabonder le fonds d’avances financières géré par l’IFCIC et d’étudier la faisabilité de ce qui pourrait être un Centre National de la Musique sont salués par l’ensemble des producteurs indépendants.

La mise en chantier d’un Centre National de la Musique constitue, en effet, l’une des mesures prioritaires de l’UPFI. Cet organisme aurait vocation à constituer à la fois le réceptacle de taxes fiscales en soutien du financement de la production musicale et un organe de régulation de notre secteur, à l’instar du CNC pour le cinéma.

L’UPFI sera très vigilante sur le respect des engagements souscrits par les pouvoirs publics dans la charte issue de la médiation Hoog.

Par ailleurs, l’UPFI continue de marquer sa vive préoccupation par rapport au manque de diversité dans la programmation musicale de la plupart des radios et réseaux musicaux privés, à la concentration des play-lists, et à la sous-représentation des artistes et des catalogues des producteurs indépendants. C’est pourquoi l’UPFI va demander au Ministère de la Culture de procéder à une évaluation de la diversité musicale sur l’ensemble des radios et la nomination d’une personnalité indépendante afin de proposer des mesures propres à renverser cette tendance lourde.

 

Contact :

Stephan Bourdoiseau – Président
Jérôme Roger – Directeur Général

Tel : 01 53 77 66 40

Télécharger:

  1. 20110118 _ CP UPFI-Midem - (122 KB / msword )

La concentration de la filière musicale au niveau mondial nécessite la mise en place d’importantes mesures de régulation

Le monde de la musique ne saurait s’envisager comme un programme spatial ou nucléaire.

Le projet de rachat d’EMI Recording par Universal Music aboutirait à une position dominante inégalée jusqu’à présent dans le secteur de la musique enregistrée.

La part de marché d’Universal Music, qui résulterait d’un tel rachat, dépasserait largement les 40 % en France, pays dans lequel la major occupe une position hégémonique dans tous les domaines d’activité*.

La capacité renforcée dont disposerait Universal Music pour conditionner l’accès à son catalogue à toute une série d’avantages, à la fois en termes de prix, d’avances, de minimums garantis, de parts de marché réservés et d’exposition minimale dans la distribution et les médias, provoquerait ainsi un risque sérieux d’éviction ou de marginalisation des autres opérateurs, en particulier les labels indépendants.

Les autres domaines dans lequel s’exerce la concurrence, comme l’édition musicale, la signature d’artistes ou encore le spectacle vivant, en seraient aussi profondément affectés. Ainsi, le projet de rachat d’EMI Music Publishing par Sony ATV aboutirait à une forte concentration au niveau des catalogues éditoriaux au profit d’Universal Music Publishing et de Sony ATV.

 

Ces projets de concentration accrue du marché global de la musique au niveau mondial ne rendent que plus indispensable la mise en place de mesures de régulation permettant d’assurer la diversité des productions d’artistes et le pluralisme des acteurs qui les développent. Le monde de la musique ne peut s’envisager comme un programme spatial ou nucléaire. La concentration nuit à la diversité des répertoires et des artistes. Les fusions d’EMI / VIRGIN et de SONY / BMG en ont été des exemples dramatiques ces dix dernières années.

 

L’UPFI appelle donc la Commission Européenne à instruire ces deux projets de concentration en prenant en compte les problèmes de diversité culturelle qu’ils soulèvent et non uniquement leurs enjeux industriels.

 

L’UPFI souhaite que la Commission Européenne et les Etats Européens, notamment la France, renforcent de façon significative les outils de régulation d’une filière déjà trop concentrée : accès à la distribution physique et numérique, exposition dans les médias, conditions d’octroi des aides d’Etat .    

 

L’UPFI appelle le Gouvernement et les parlementaires français à mettre en place dans les plus brefs délais le Centre National de la Musique, projet voulu par le Président de la République, en y intégrant les conséquences d’une concentration renforcée du marché de la musique.

 

 

*- Distribution physique : Universal Music, qui dispose déjà du catalogue phonographique le plus important au monde, verrait sa part de marché dépasser largement les 40 % (bien davantage sur le segment important du fonds de catalogue francophone comme international)

– Distribution numérique  (où l’on a pu constater que les majors négociaient des avances ou des minimas garantis exprimés en parts de marché aux nouveaux opérateurs) : Universal Music serait en position ultra dominante avec une part de marché oscillant entre 45 et 55 %, au lieu de 35 à 45 %, selon les sources

– Médias radiophoniques : le poids des catalogues diffusés en radios constitué par le nouvel ensemble représenterait plus de 55 % des nouveautés les plus diffusées (source Yacast, 100 titres les plus diffusés sur la période janvier-octobre 2011). La part des investissements en radios et télévisions d’Universal Music passerait de 41,3 % à 50,7 % (source Yacast, pige des investissements publicitaires 2010).

 

Contact :

Jérôme Roger – Directeur Général : 01 53 77 66 40

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  1. 20111114 _ CP Rachat EMI par Universal - (127 KB / msword )